Vestibule d’entrée et salon royal du Théâtre de la Monnaie

  • Date 1984-1986
  • Adresse Place de la Monnaie – 1000 Bruxelles

« Bruxelles doit être le lien de rassemblement des grandes forces culturelles nationales et internationales. Avez-vous remarqué que le travail mené par l’Opéra National interroge l’étranger ? Le TRM intrigue, et crée des obligations pour le futur, un devoir pour l’avenir… »

La rénovation du Théâtre royal de la Monnaie constitue l’un des grands chantiers portés par Gérard Mortier. Le projet, ambitieux mais sensible (on touche ici à l’un des grands symboles de l’histoire du pays), est confié à l’association momentanée Urbat (J. Aron, P. Puttemans et F. De Becker) / ARC (Libois, Verliefden) et associe considérations patrimoniales et interventions contemporaines. Celles-ci s’affirmant dans  la construction d’un deuxième foyer et la transformation du hall et du salon royal.

Au même titre qu’au Middelheim, Vandenhove est invité à intervenir non pas comme architecte mais comme artiste et est nommé « conseiller artistique » de Gérard Mortier. En mars 1986, la proposition de Vandenhove concerne l’aménagement du parvis, du pronaos, du vestibule et du salon royal. Pour raisons budgétaires, seuls le vestibule et le salon royal seront réalisés.

À l’instar de sa brillante intervention dans l’Hôtel Torrentius, le projet proposé par Vandenhove établit le dialogue entre une architecture historique – ici typée XIXe – et un langage contemporain où plusieurs plasticiens occupent une place centrale. Dans le hall, le sol en marbre de Vinalmont et de Carrare intègre un dessin de pyramide réalisé par Sol LeWitt tandis que le plafond voit l’intervention abstraite de Sam Francis. Dessinées par Charles Vandenhove, deux colonnes aux tambours noirs et blancs assurent un lien visuel entre le sol et le plafond.

Dans le salon royal, l’architecte « monumentalise » un espace réduit en jouant sur les perspectives. Le projet de Daniel Buren est affirmé et consiste en une alternance de bandes de marbre de couleurs rouge (marbre de Philippeville) et blanche (marbre de Carrare) qui parcourent le sol pour se prolonger sur les lambris : « le rythme, le phrasé, la syncope, l’accent, la clef étant le sol » pour reprendre les mots de Buren. Rythmant l’espace, deux piliers en marbre de carrare dessinés par Charles Vandenhove sont surmontés d’un chapiteau en bronze poli, l’un en forme de pyramide, l’autre en forme de pyramide tronquée tandis qu’un plâtre de Paolini évoquant la 9ème symphonie de Beethoven est disposé latéralement.

  • Auteur et date de la notice Sébastien Charlier, 2022