Charles Vandenhove

En 1945, Charles Vandenhove commence ses études à l’école des arts Saint-Luc à Liège où il rencontre Lucien Kroll. Il poursuit avec Lucien Kroll ses études à l’École nationale supérieure d’Architecture et des Arts visuels de La Cambre, où il opte pour l’atelier de Victor Bourgeois qui va beaucoup influencer son travail. En 1951, il termine ses études et entame une association avec Lucien Kroll. Ils rendent visite aux grands maîtres du moment : Auguste Perret, Le Corbusier, Ponti. Ils entendent crever la bulle d’air dans laquelle ils ont vécu à la Cambre et affronter la complexe et multiple réalité de l’architecture. En 1967, Charles Vandenhove atteint la notoriété : il publie, expose, enseigne et construit des édifices qui sont évoqués dans la presse spécialisée. Le succès entraîne toutefois des difficultés financières, administratives et même politiques (une association liée à la conservation du patrimoine, « Le Vieux-Liège » porte plainte en justice).

Origines familiales

Né à Teuven dans la ferme du château Hof De Draeck en 1927, Charles Vandenhove est issu d’une famille d’agriculteurs. En 1933, la famille déménage et s’installe dans la ferme de Thier Nagant (Julémont), une belle ferme du XVIIIe siècle posée sur une colline du Pays de Herve. Deuxième enfant d’une fratrie de quatre frères et cinq sœurs, il évolue au sein d’une famille catholique et plutôt conservatrice. Rien dans la famille ne prédestinait le jeune Charles à l’architecture. A l’exception de son grand-père paternel qui développe un gout pour la musique – il est organiste à l’église du village – une grande partie de la famille, et en particulier les filles, occupe ses journées à l’exploitation de la ferme. Charles Vandenhove sera le seul à se lancer dans des études artistiques. Il entame sa scolarité à Julémont dans l’école du village puis poursuit ses études à l’institut Saint-Joseph de Dolhain Limbourg où il loge à l’internat. Le jeune Charles obtient son diplôme de l’enseignement secondaire alors que l’occupation pèse sur le pays. Les années sombres de la Seconde Guerre mondiale sont un moment charnière pour le jeune homme qui réfléchit à l’orientation qu’il va donner à sa vie. Vandenhove rêve des arts plastiques mais son père l’en dissuade. Ce sera l’architecture…

Formation

Au sortir de la guerre, Charles Vandenhove entame sa formation d’architecte. Il aurait pu s’inscrire à l’Académie des Beaux-Arts mais ce sont probablement des questions philosophiques qui le poussent à privilégier l’enseignement catholique à Saint-Luc. Inscrit dès 1945, Charles Vandenhove se lie d’amitié avec Lucien Kroll. Les deux hommes découvrent un enseignement dont l’héritage fondé sur la découverte d’un art chrétien et « national » reste malgré tout très présent comme en témoignent l’étude d’une église de style « roman mosan » à Saint-Trond (église Saint-Pierre) que Vandenhove réalise en 1945 et l’étude d’un relais de chasse à Grivegnée signée Lucien Kroll en 1946. Les quatre années à Saint-Luc ne sont probablement pas uniquement nourries par la découverte des styles anciens et les formes de l’architecture « moderniste » participent à l’enseignement de Saint-Luc. Mais ce n’est pas suffisant pour Vandenhove. Ainsi, en 1948, Vandenhove et Kroll partent pour Bruxelles et s’inscrivent à La Cambre où ils rencontrent Jacques-Grégoire Watelet avec qui ils collaboreront quelques années plus tard. Vandenhove choisit l’atelier de Victor Bourgeois et y découvre, outre de nouvelles références esthétiques, la vocation sociale de l’architecture et travaille notamment sur un projet d’église puis celui d’un musée qui clôture sa formation en 1951.

Jeanne Belvaux-Vandenhove

Née à Ensival en 1916, Jeanne Belvaux grandit dans une famille issue de la bourgeoisie verviétoise, son père est tailleur de profession. Très tôt orpheline de son père, la jeune fille est inscrite à l’école communale d’Ensival, puis poursuit sa formation à l’École moyenne de l’État pour filles dans le centre de Verviers. Elle termine ses études secondaires brillamment en se présentant à l’âge de 16 ans au jury central. Elle occupe diverses fonctions administratives d’abord comme secrétaire à l’École provinciale de service social dont elle démissionne en 1946 puis comme secrétaire de direction au sein de la Foire internationale de Liège. C’est à ce poste qu’elle est amenée à rencontrer Charles Vandenhove lorsque le jeune architecte est chargé en 1956 de concevoir avec Lucien Kroll l’Exposition d’esthétique industrielle. L’année suivante, le 21 février 1957, le couple se marie à Liège puis se promet fidélité devant Dieu à Paris devant le Père Chenu. Femme de grande culture, passionnée de philosophie et de religion, elle est aussi mélomane et nourrit une amitié très forte avec Pierre Froidebise et Hubert Schoonbroodt. Jeanne Vandenhove est aussi une femme qui transfère son ambition en apportant son appui à son époux et son carnet d’adresses est un outil qui contribuera à remplir le carnet de commandes de Charles Vandenhove. Elle accompagnera son mari tout au long de sa carrière en assurant le suivi administratif de l’agence mais surtout en nourrissant son mari d’une culture que Jeanne développe au gré de ses nombreuses lectures et rencontres.

L'atelier d'architecture

Après avoir collaboré avec Lucien Kroll pendant plusieurs années, Charles Vandenhove crée son propre atelier d’architecture qu’il installe dans son habitation rue Bois l’Évêque à Liège puis, en 1963, dans sa maison de la rue Chauve-Souris. Les débuts sont difficiles et il faut attendre 1958 pour que l’architecte se voie confier des projets d’envergure principalement situés à Liège. La conception de la clinique mortuaire dans le quartier de Bavière marque le début d’une longue série de projets portés principalement par l’Université de Liège. L’Alma mater liégeoise portée par Marcel Dubuisson mènera Vandenhove à réaliser pour celle-ci des bâtiments emblématiques qui conduiront l’architecte à se forger une réputation nationale et internationale. Du magasin à livres au CHU, les édifices dessinés par le Liégeois sont largement relayés dans la presse nationale et internationale. La reconnaissance acquise par Vandenhove se traduit par l’engagement de plusieurs collaborateurs architectes et dessinateurs. Ainsi des années 1950 aux années 1980, plusieurs grandes figures de l’architecture belge fréquentent l’atelier de Charles Vandenhove parmi lesquelles Bruno Albert, Pierre Arnould, John Berhaut, Jean-Marie Dethier, Alain Dirix, Michel Lemmens ou Jacques Sequaris…forgeant ce que certains critiques d’architecture ont appelé « L’École liégeoise ».

Une agence internationale

En 1987, le succès de l’atelier Charles Vandenhove est tel qu’il prend la nouvelle dénomination « Charles Vandenhove & Associés, architectes » témoignant d’une réalité, où autour de la figure tutélaire de Vandenhove, les associés jouent un rôle de plus en plus fort dans la conception des projets. Mais la fin des années 1980 est également une période contrastée durant laquelle Vandenhove doit faire face aux difficultés qui pèsent sur le projet du CHU et qui mènent au divorce entre l’université et l’agence d’architecture. La fin du chantier de Hors-Château permet toutefois à l’architecte de rebondir. Largement publié dans la presse internationale, le projet Hors-Château conduit Vandenhove sur de nouveaux chemins, principalement en France et aux Pays-Bas. Charles Vandenhove dispose désormais d’une solide réputation qui lui permet d’accumuler des commandes prestigieuses. Les projets parisiens dans le secteur des Abbesses mais surtout les projets d’envergure aux Pays-Bas placent Vandenhove à la barre d’une des rares agences belges qui développe ses activités à l’étranger. Ainsi de 1987 à 2008, le bureau Charles Vandenhove & Associés, installé depuis 1981 dans l’Hôtel Torrentius, se renouvelle profondément avec l’arrivée de nouveaux collaborateurs comme Frank Braakhuis, Ludovic Long-Wei Chen, Bénédicte Grosjean, John Flippo, Gérald Ledent, Olivier Mathieu, Stéphane Meyrant, Alain Sabbe, Renaud Van Kerckhove ou Mireille Weerts…