Théâtre des Abbesses

  • Date 1986-1996
  • Adresse Rue des Abbesses, 31 – 75018 Paris (France)

Depuis le début de sa carrière, Vandenhove a compris l’intérêt de s’entourer d’artistes et d’intellectuels reconnus. Proche des milieux éditoriaux qui, régulièrement, contactent l’agence pour publier les travaux récents, l’architecte entretient des liens privilégiés avec plusieurs critiques de réputation internationale parmi lesquels Geert Bekaert ou François Chaslin.

C’est par l’entremise de ce dernier qu’il va recevoir la commande d’une grande opération de rénovation urbaine de deux ilots situés de part et d’autre de la place des Abbesses et combinant équipements publics (théâtre, maison de la danse et crèche), logements et commerces. Il est en outre probable que la reconnaissance acquise dans le cadre du projet Hors-Château ait conduit la Ville de Paris à confier le projet à l’architecte belge.

Bien que prévue de manière simultanée avec la commande d’une crèche dans le même quartier, le projet du théâtre et de la maison de la danse à construire sur la butte Montmartre prendra quelques années de retard dû à un problème d’expropriation.

Le programme soumis à Vandenhove est particulièrement ambitieux et porte sur l’ilot cerné par les rues des Abbesses, Germain Pilon et Véron. Il concerne la construction d’un théâtre de 400 places, d’une école de danse, de 25 appartements, de commerces au rez-de-chaussée et d’un espace public, le tout au-dessus d’un parking souterrain accessible en contrebas. Le projet proposé par Vandenhove est d’une grande logique. Profitant du dénivelé, la salle se développe le long de la rue Germain Pilon. Sous la salle à l’italienne, plusieurs niveaux accueillent l’école de danse et le parking souterrain ouvert vers la rue Véron.

Autre élément fort du programme, les logements et commerces sont rassemblés dans plusieurs immeubles qui ceinturent une petite cour intérieure. Contrairement aux usages, c’est vers cette cour et non vers la rue que Vandenhove choisit de tourner la façade principale du théâtre qui exprime pleinement son registre classique (fronton, colonnes cannelées, architrave…). L’enduit d’un rouge puissant qui couvre la façade inscrit le théâtre dans son temps grâce aux « mots » de Robert Barry. L’intervention du plasticien se retrouve encore sur les garde-corps en verre sablé dans la salle de théâtre. Barry n’est pas seul artiste qui collabore. Depuis plusieurs années maintenant, Vandenhove a démontré la force de son univers artistique. À l’instar de plusieurs projets antérieurs, il entend collaborer avec plusieurs plasticiens. Daniel Buren propose des motifs géométriques sur les garde-corps en verre sablé en façade mais surtout, à l’extérieur, une peinture murale d’un mur mitoyen qui signale qu’il se passe quelque chose, là, à l’arrière des immeubles. Comme au CHU ou à Torrentius, les lambris en tôle émaillée sont les lieux d’expression de plusieurs artistes (Jean-Charles Blais, Patrick Corillon et Loïc Le Groumellec). Mais l’intervention la plus forte reste celle d’Olivier Debré qui intervient sur l’ensemble des parois de la salle de théâtre et sur le rideau de scène.

  • Auteur et date de la notice Sébastien Charlier, 2022