Staargebouw

  • Date 1988-1998
  • Adresse Hendrik Van Veldekeplein et Papenstraat - Maastricht

Même si le projet de Hellevoetsluis ne s’est pas concrétisé, il annonce néanmoins le début d’une longue aventure qui associera l’agence Vandenhove avec les Pays-Bas. En 1988, la Ville de Maastricht lance un concours pour une grande opération de rénovation urbaine dans le centre historique près du Vrijthof, sur le site de la Staarzaal. L’expérience et la renommée acquise grâce à l’opération Hors-Château conduit le bureau liégeois à remporter le marché. Ici aussi, le lieu est à haute valeur patrimoniale, situé face à l’église Saint-Jean.

Dans un programme conjuguant logements, bureaux et espace public, l’architecte choisit le retrait et la discrétion et, après plusieurs années de tergiversations, le projet finit par voir le jour en confirmant la finesse d’approche d’un architecte qui se nourrit des jalons de l’architecture locale.

Vers la place Hendrik Van Veldeke, Vandenhove restaure une bâtisse du milieu du XVIIIe siècle de style Louis XV qu’il affecte à plusieurs appartements. En face, l’architecte dessine un bâtiment dont le gabarit se soumet aux immeubles voisins en ne dépassant pas trois étages sous corniche tout en reprenant la brique peinte en blanc sur soubassement en petit granit. Assumant son écriture contemporaine avec ses baies aux encadrements métalliques et aux châssis en afzelia, il marque l’entrée d’une petite rue conduisant à un espace public qui se prolonge vers la Papenstraat. Tout autour de la nouvelle place, dans un cheminement vers l’université (Papenstraat), Vandenhove propose une variété de logements. D’un côté, des habitations unifamiliales de trois niveaux, de l’autre, de petits immeubles à appartements se développent de part et d’autre d’une tour de sept étages. Remarquable de cohérence, la tour propose le même dessin des châssis que les constructions alentours tout en offrant le travail de Léon Wuidar sur les garde-corps en verre sablé. Parée de briques peintes en rouge, elle semble dialoguer avec l’église Saint-Jean. Le jeu de volume qu’affectionnait Vandenhove dans ses premiers projets (Centre de transfusion sanguine) se retrouve ici, en particulier dans le cylindre qui accueille la cage d’escalier et l’ascenseur. Composé de briques noires, il établit la liaison avec l’immeuble à appartements de quatre étages qui ferme la place. Comme dans le projet de Hors-Château, Vandenhove accompagne l’espace public d’interventions plastiques. Jean-Pierre Pincemin joue sur les tonalités des pavés pour inscrire un motif abstrait au sol tandis que Charles Vandenhove complète l’ensemble par une fontaine-table en pierre et un ensemble de quatre stèles en petit granit à chapiteau doré.

  • Bibliographie

    VERSCHAFFEL, Bart, « Charles Vandenhove, œuvres / works / werken 1954-2014 » dans Charles Vandenhove Architecture / Architectuur 1954-2014, Tielt, Lannoo, 2014, p. 35-36 et 186-193.

  • Auteur et date de la notice Sébastien Charlier, 2022