Sea Trade Center

  • Date 1989 (non réalisé)
  • Adresse Port de Zeebrugge

La construction d’un terminal passagers dans l’avant-port de Zeebrugge est une réponse des autorités portuaires belges et des compagnies de ferries (North Sea Ferries, Townsend Thoresen…) à l’annonce de la construction du tunnel sous la Manche. Puisqu’elles ne pourront pas rivaliser sur le temps de trajet, pour concurrencer le « chunnel », les compagnies de ferries misent sur le renouvellement de leur flotte. Les navires sont plus gros mais surtout ils sont équipés de pôles de divertissements (magasins duty free, cinémas, salles de spectacle, dancing…) afin d’offrir aux passagers l’ambiance d’une croisière. La modernisation des infrastructures se marque également sur terre. À Zeebrugge, les liaisons avec la Grande-Bretagne font partie de l’histoire du port et les autorités locales entendent bien garder la main sur le trafic transmanche en se positionnant face aux ports de Calais, Dunkerque ou Ostende.

En 1988, l’association momentanée Zeebouw Zeezand lance un grand concours international pour la construction d’un édifice « qui correspond au dynamisme de l’activité du port, tout en évoquant l’histoire séculaire de Bruges en tant que centre portuaire, commercial et artistique ». La liste des architectes invités témoigne de l’ambition du maître d’ouvrage. On retrouve ainsi Tadao Ando, Santiago Calatrava, Norman Foster, Rem Koolhaas, Fumihiko Maki, Frank O’Gehry, Aldo Rossi, Bob Van Reeth et…Charles Vandenhove.

Le programme du bâtiment destiné à accueillir 3 millions de passagers par an se divise en six grandes parties : un espace pour les passagers, un espace réservé aux routiers, des locaux d’administration, des locaux pour les services de maintenance, des espaces polyvalents avec notamment des salles de conférence et de cinéma et des installations sanitaires.

Pour répondre au programme, Vandenhove propose d’édifier le bâtiment à proximité immédiate des passerelles de débarquement des ferries. Sur un plan en B, la construction repose sur des pilotis – des colonnes pour reprendre la rhétorique vandenhovienne – qui permettent de réserver les espaces au sol à une circulation automobile rapide et efficace. Au-dessus du soubassement, accessible par des rampes en spirale, un vaste parking couvert accueille les véhicules. Au-dessus, les deuxième et troisième étages sont réservés à l’accueil des passagers ainsi qu’au cinéma et à la salle de conférences. La toiture-terrasse invite à la promenade et est agrémentée de plantations et de bassins.

Les espaces administratifs et de service sont quant à eux disposés en hauteur dans une tour ronde à degrés reposant sur des colonnes. L’esthétique présentée par l’architecte joue sur une combinaison de couleurs, le bleu et le rouge, tout en reprenant certaines propositions développées dans des projets antérieurs comme ces deux pavillons circulaires empruntés à des projets parallèles (De Liefde) et qui dialoguent avec la tour principale.

Bien reçu par la critique, le projet suscite l’éloge de Geert Bekaert : « Par son échelle, le souci extrême du détail, la couleur, la clarté de la composition, la distinction aristocratique de la maîtrise professionnelle, cet édifice se mesure avec la nature environnante ainsi qu’avec le tumulte du port et de la mer. » Mais, ce concours apparaît finalement comme un exercice purement rhétorique. Il n’y aura finalement pas de terminal « à haute valeur architecturale » et le trafic passager à Zeebrugge s’essoufflera progressivement pour disparaître complètement en 2021.

  • Bibliographie

    BEKAERT, Geert, Sea Trade Center, Zeebrugge, Antwerpen, Standaard Uitgeverij, 1990.

    BEKAERT, Geert, «Sea Trade Zeebrugge » dans A+, n° 105, 1989, p. 41-46.

    « Entretien avec Charles Vandenhove » dans A+, n° 105, 1989, p. 48-49.

  • Auteur et date de la notice Sébastien Charlier, 2022