Passerelle Solferino

  • Date 1990-1999
  • Adresse Passerelle Léopold-Sédar-Senghor – 75007 Paris (France)

Le projet de construction d’une nouvelle passerelle reliant les quais des Tuileries et Anatole France a pour objectif d’offrir aux piétons une promenade de qualité entre deux institutions phares de la capitale : les musées du Louvre et d’Orsay. Le nouvel ouvrage doit remplacer celui, « provisoire » qui remplaçait l’ancien pont de Solferino construit sous Napoléon III. Prestigieux, le projet fait l’objet d’un concours auquel participent huit équipes dont plusieurs grandes figures de l’architecture de l’époque comme Calatrava ou Fuksas.

Le projet porté par Vandenhove et son équipe dans laquelle on retrouve les plasticiens Daniel Buren et le couple Anne et Patrick Poirier entend d’abord assurer le lien avec le contexte historique et patrimonial très présent. La proposition de Vandenhove intègre une réflexion sur la qualité des espaces publics qui dépasse la passerelle pour déborder sur les quais en insufflant une dimension de promenade-spectacle. Car, si les deux extrémités du pont s’inscrivent dans la continuité des quais « hauts », l’enjeu est également de garantir l’accès aux quais bas, lieux de promenade pour ce Paris « qui retrouve son fleuve ». Vandenhove maintient les escaliers anciens édifiés rive droite sous Napoléon III mais ajoute, à chaque extrémité, un escalier dans le plan de la passerelle. En rive gauche, l’ancienne culée est reconstruite dans le plan du mur de quai mais est percée pour dégager la vue des promeneurs arrivant du Jardin des Tuileries.

Le choix des matériaux traduit la volonté de Vandenhove de s’inscrire en modestie dans le paysage. Les culées et piles sont en pierre tandis que le tablier de la passerelle de 9 mètres de largeur est en acier. Entre les deux, des rotules dessinées par l’architecte assurent le lien entre les piles et le tablier.

Fidèle à ses convictions, Vandenhove fait appel à plusieurs plasticiens avec qui il a eu l’occasion de travailler. Pour les garde-corps en verre, Daniel Buren propose de graver une alternance de fines bandes reprenant le dessin des poutrelles de la passerelle. Quant à la proposition d’Anne et Patrick Poirier, elle repose sur la construction de trois pointes-obélisques en bronze : deux posées côté Orsay, la dernière côté Tuileries. Le couple prévoit en outre, à chaque extrémité de la passerelle, un alignement de socles en bois portant quelques vestiges de l’ancien pont. Le concours est finalement remporté par l’ingénieur français Marc Mimram et la passerelle est officiellement inaugurée en 1999.

 

  • Description du fonds

    1 boîte d’archives, 5 dossiers de présentation

  • Bibliographie

    BEKAERT, Geert, Charles Vandenhove 1985-1995, Rotterdam, NAI Uitgevers, 1994, p. 201.

  • AUTEUR ET DATE DE LA NOTICE Sébastien Charlier, 2022