Maison Wuidar

  • Date 1974-1976, 1993
  • Adresse Avenue Paul Van Hoegarden, 38 – 4130 Tilff (Esneux)

« Te choisir comme architecte n’était ni un caprice, comme certains auraient pu le faire en considérant éventuellement que tu étais un architecte à succès, ni une loterie parce que je n’ai pas l’habitude d’acheter des billets, mais la fin d’une réflexion longue de vingt ans. J’avais, en effet, regardé les travaux des architectes depuis très longtemps, certainement le début des années cinquante ; j’avais même songé à d’autres choix, avant de découvrir ton travail. C’est en voyant la maison de la rue Chauve-Souris que ma décision s’est affirmée. »

La construction de la maison atelier pour le plasticien en 1974 constitue le premier jalon d’une longue collaboration qui se concrétisera notamment avec les projets du CHU ou de  l’Hôtel Torrentius. Les liens qui unissent les deux hommes sont toutefois plus anciens et remonteraient déjà à 1967, l’architecte s’occupant notamment du catalogue d’une exposition consacrée à l’artiste à Liège en 1968.

La maison Wuidar est construite sur un terrain en légère pente dans un environnement boisé. Le plan est à nouveau très simple. Un long parallélépipède séquencé de cinq travées organise les espaces intérieurs qui se déploient autour d’un long espace central qui n’est pas sans rappeler la rigueur géométrique du plan de la maison Dufays et plus largement le plan basilical. Comme dans les maisons précédentes, l’architecte privilégie une affirmation franche des matériaux à travers des blocs de béton laissés nus tant à l’intérieur qu’en façade. Les châssis sont en bois et le dessin de la porte d’entrée rappelle celui de la maison Dufays. Celle-ci semble d’ailleurs constituer un moment charnière dans la conception de l’habitation unifamiliale chez Vandenhove mais aussi parmi ses proches collaborateurs. Ainsi, la maison que se construit Jacques Sequaris en 1971-1973 avec la complicité de Pierre Arnould témoigne d’une poursuite de la réflexion mais aussi de nouvelles formules que reprend Vandenhove dans la maison Wuidar tels le pignon à gradins ou la baie monumentale en arc de cercle. L’aménagement des espaces intérieurs recèle également quelques éléments singuliers. Le traitement des plafonds en caissons légers se développe en escalier inversé, comme le prolongement du pignon. Le séquençage des espaces intérieurs témoigne lui aussi d’une attention particulière, l’architecte multipliant les portiques et jouant sur la combinaison des matérialités des blocs de béton et du béton architectonique.

En 1993-1995, l’architecte intervient avec une extension de la maison. L’attitude se veut différente. Un puissant  cube en béton vient se poser à l’arrière de la maison sur le terrain en pente et se développe sur trois niveaux reliés par un escalier hélicoïdal.

  • Bibliographie

    BALAU, Raymond, « Charles Vandenhove : l’autre maison Wuidar » dans A+, n° 149, décembre 1997 – janvier 1998, p. 40-49.

    OBRIST, Hans Ulrich, « Conversation avec l’artiste » dans Léon Wuidar. À perte de vue, Hornu, MAC’S, 2021, p. 29.

    VANDENHOVE, Charles, Conversation Libre échange avec Léon Wuidar, Gerpinnes, Éditions Tandem, 2005, p. 43-45.

  • Auteur et date de la notice Sébastien Charlier, 2021