Les Terrasses de Saint-Gilles

  • Date 2010-2014
  • Adresse Rue Chauve-Souris, 62-66 – 4000 Liège

Avec le projet des Terrasses de Saint-Gilles, Vandenhove est (presque) en train de boucler la boucle… Situé à deux pas de sa maison, les « Terrasses de Saint-Gilles » forment le dernier ensemble résidentiel construit par l’architecte pour un promoteur privé. L’architecte observait depuis quelques années l’évolution de ce vaste terrain d’abord occupé par une habitation unifamiliale reconvertie ensuite en espace d’accueil pour personnes handicapées. Laissé à l’abandon, le terrain qui s’étire en longueur sur le sommet de la colline, est racheté en 2009 par Vandenhove qui s’engage dans une opération immobilière avec la collaboration du Groupe Eiffage. Avec son équipe, il imagine trois blocs comptant 35 appartements au-dessus d’une dalle en béton qui abrite un parking. Une galerie couverte, située à l’arrière, distribue les accès aux logements. L’architecte propose différents types d’appartements qui s’articulent tous autour des cages d’ascenseur et d’escalier : au rez-de-chaussée et au premier étage, des appartements d’une à trois chambres ; aux 2ème et 3ème étages, des appartements de trois chambres et aux deux derniers étages, de grands appartements de quatre chambres. Logiquement, les locaux de nuit sont disposés à l’arrière et au nord afin de réserver les espaces de jour (salon et salle à manger) vers le sud. Tous les logements sont pourvus de belles terrasses qui permettent de jouir d’une vue imprenable sur la vallée et la ville. Si le projet est marqué par une intention de promotion immobilière, il s’exprime toutefois en rupture avec les immeubles Amelinckx voisins. Les Terrasses de Saint-Gilles offrent deux visages. Vers le sud, les façades se développent en retraits successifs et misent sur la brique, le béton architectonique, le verre et le bois, non sans rappeler quelques traits de l’immeuble Céramique construit à Maastricht peu avant. Les murs de refend en maçonnerie coiffés de béton architectonique qui rythment la façade rappellent par ailleurs des œuvres de jeunesse comme son habitation personnelle construite en 1963. Mais, au crépuscule de sa carrière, Vandenhove ne prend pas le chemin de l’autosatisfaction. Au contraire, la façade qu’il dessine au nord recourt à de nouvelles références. C’est principalement là, mais également à l’intérieur de la galerie couverte, qu’une composition originale jaillit et affirme la brique dans des massifs d’une expression presque kahnienne. Ainsi, à l’âge de 87 ans, Vandenhove démontre qu’il reste capable de se réinventer !

  • Bibliographie

    Charles Vandenhove, architecture / architectuur 1954-2014, Tielt, Lannoo Publishers, 2014, p. 248-257.

  • AUTEUR ET DATE DE LA NOTICE Sébastien Charlier, 2022