Le Balloir

  • Date 1988-2000
  • Adresse Place Sainte-Barbe, 11 – 4000 Liège

Le projet du Balloir témoigne des liens privilégiés entre Charles Vandenhove et La Maison heureuse dont l’architecte a conçu le siège social à Ans quelques années plus tôt. Il témoigne également de l’engagement de l’abbé Gerratz, fondateur de La Maison heureuse, et dont la vie est entièrement tournée vers le secours aux personnes démunies. Comme pour les opérations de Hors-Château et de Torrentius, il s’agit d’intervenir sur un ensemble à haute valeur historique autrefois occupé par l’hospice Sainte-Barbe dont certains bâtiments remontent au XVIIe siècle. Ambitieux, le projet conjugue restauration du bâti ancien et nouvelles constructions en vue d’accueillir une crèche, une maison de repos, une maison d’accueil pour enfants, un atelier de couture, un magasin de vêtements de seconde main ainsi que plusieurs espaces communautaires et locaux administratifs. L’aménagement d’un espace public tourné vers la place Sainte-Barbe fait également partie de la commande.

Accueillant les services administratifs, les chambres et plusieurs espaces communautaires, les bâtiments anciens font l’objet d’une intervention minutieuse dont l’écriture montre une réinterprétation de la tradition locale. Les solutions apportées par Vandenhove à Torrentius ou en Hors-Château se retrouvent ainsi notamment dans le traitement des croisées ou de certains linteaux. On retrouve également certains éléments que l’architecte avait développé dans la pharmacie Schunk comme l’architrave gravé de motifs abstraits ou la colonne lobée. Le bâtiment tourné vers la Meuse est agrandi d’un volume en béton à l’arrière et exhaussé d’un étage qui accueille le réfectoire dont le plafond vouté accueille une intervention de Jean-Pierre Pincemin. À cette architecture enracinée dans l’histoire, Vandenhove ajoute deux bâtiments dont l’écriture est franchement contemporaine. Tournée vers la Meuse et faisant face au temple protestant, une tour de plan octogonal abrite des appartements de la maison de repos et se coiffe d’une coupole tandis qu’à sa base, une crèche en forme de pétales de fleur s’ouvre vers le jardin.

De l’autre côté, vers la rue Gravioule, l’architecte dispose le logement du concierge et le magasin de seconde main dans un petit bâtiment dont la franchise du béton se distingue de l’ensemble. Au centre, des espaces verts partagés invitent les générations à se rencontrer. L’expérience singulière et généreuse du Balloir se poursuit quelques années plus tard avec la construction d’un nouvel immeuble destiné à accueillir des chambres pour la maison de repos. Relié par une passerelle vitrée, le bâtiment adopte une écriture clairement différente avec la mise en œuvre d’un béton rouge teinté dans la masse. Ici encore, art et habitants cohabitent et ce sont notamment les lambris en tôle émaillée qui sont confiés aux dessins de Patrick Corillon, Robert Combas et Loïc Le Groumellec.

  • Description du fonds

    18 classeurs et 35 boites

    6 mètres linéaires

  • Bibliographie

    NIZET, François, « Le Balloir à Liège », dans A+, n° 153, août-septembre 1998, p. 30-33

    VERSCHAFFEL, Bart et ZWARTS, Kim, Charles Vandenhove, Le Balloir, Rotterdam, Uitgeverij 010, 1996

  • Auteur et date de la notice Sébastien Charlier, 2022