Centre hospitalier universitaire

  • Date 1962-1987
  • Adresse Avenue de L’Hôpital, 1 – 4000 Liège

La construction d’un nouveau complexe hospitalier sur le site du Sart-Tilman occupe une place fondamentale tant dans l’histoire de la cité que dans celle de l’architecte. Le projet du CHU a d’abord pour vocation d’offrir à la population des infrastructures de soins modernes et accessibles. Depuis la fin du XIXe siècle, la Ville de Liège et l’Université se partagent des équipements vétustes répartis dans de nombreux bâtiments et pavillons disséminés dans le quartier de Bavière en Outremeuse. Dans les années 1960, la Ville et l’Université choisissent de construire chacune leur propre hôpital. La Ville choisira le site de la Citadelle (arch. Jean Poskin, Henri Bonhomme et Henri Montois, 1978) tandis que l’Université verra dans le projet une nouvelle opportunité d’asseoir le site du Sart-Tilman comme nouveau pôle régional.

Après avoir approuvé le programme en 1965, le Conseil d’administration de l’Université confie à Charles Vandenhove l’étude d’un premier avant-projet. Le programme associe outre les services de soins aux malades, ceux de l’enseignement et de la recherche universitaire.

Le projet s’annonce titanesque et sans commune mesure avec les hôpitaux jusque-là construits à Liège, voire en Belgique et prévoit au départ 1100 lits répondant aux différentes pathologies ainsi que des installations pouvant accueillir 425 chercheurs. Vandenhove va commencer par amasser une très importante documentation et explorer de nombreuses réalisations récentes partout en Europe mais ce sont les exemples récents construits aux USA qui suscitent l’intérêt de l’architecte et de la commission mise en place par l’université pour l’élaboration du projet. Les archives conservent notamment les plans de l’hôpital universitaire du Kentucky (Lexington, 1963) ou le Health Sciences Centre de la University of British Columbia (arch. ing. Thompson, Berwick, Pratt & Partners, 1967). En 1967, Charles Vandenhove accompagné du docteur Gomez, médecin chef chargé d’accompagner l’architecte dans la conception du projet, se rend en Californie pour étudier des exemples récents. Les avantages du plan libre, de tours sur plan carré ou encore de l’étage technique sont repris par l’équipe qui en octobre 1973, franchit à nouveau l’atlantique pour un voyage d’études de 8 jours à Hamilton (Canada) et Boston (USA). Vandenhove y visite l’hôpital de l’Université de Mac Master (arch. Eberhard Zeidler, 1969) à Hamilton (Canada) qui l’intéresse  notamment en ce qui concerne les finitions : « Les parachèvements intérieurs ont fait l’objet de soins attentifs de l’architecte qui a pris une option résolument moderne où les contrastes des couleurs vives des murs, des revêtements de sol et du mobilier créent une atmosphère gaie, jeune, tout à l’opposé des tonalités ternes habituellement rencontrées dans les hôpitaux. »

Le projet proposé par Charles Vandenhove s’organise comme suit : cinq tours rayonnent autour d’une pyramide à degrés tronquée entièrement vitrée et qui rassemble notamment l’accueil, les services administratifs, les policliniques et les blocs opératoires. La verrière d’entrée constitue une œuvre en soi et reprend notamment le procédé constructif des portiques métalliques mis en œuvre par l’architecte en 1974 lors de l’agrandissement de sa maison. Les tours conçues sur un plan carré regroupent divers services hospitaliers et les locaux dédiés à la recherche universitaire. Reprenant les principes du plan libre, Vandenhove se repose sur une trame modulaire de 7,20 x 7,20 m. Séparés par des cloisons légères, les espaces peuvent être aisément reconfigurés au grès de l’évolution des besoins tandis que des niveaux techniques permettent des interventions techniques sans interrompre le fonctionnement des différents services. Remarquable de cohérence, le projet témoigne d’un souci du détail exceptionnel. Des menuiseries aux poignées en passant par les moquettes, tout est dessiné par l’architecte. L’intervention de plasticiens témoigne également, sans être ostentatoire et gratuite, du dialogue entre art et architecture. Les lambris en tôle émaillée sont notamment réalisés sur base de sérigraphies d’une dizaine d’artistes parmi lesquels Daniel Buren ou Sol LeWitt. La rationalisation de la politique hospitalière à la fin des années 1970 conduira à la remise en question du projet puis à l’évincement de l’architecte en 1986, quelques mois à peine avant l’inauguration de l’hôpital.

  • Bibliographie

    Numéro spécial consacré à l’architecte Ch. Vandenhove, La Maison, n° 5, mai 1967, p. 170-172.

    « Hôpital » dans La Maison, n° 11, novembre 1968, p. 371.

    GOMEZ, Jean, « Le Centre Hospitalier Universitaire au Sart-Tilman » dans Architecture, n° 93, janvier-février 1970, p. 676-682.

    BEKAERT, Geert, « Centre hospitalier universitaire / Sart-Tilman, Liège » dans Charles Vandenhove, une architecture de la densité, Liège, Pierre Mardaga éditeur, 1985, p. 33-41.

    Le centre hospitalier de l’Université de Liège au Sart-Tilman, Liège, Service d’Information technique de l’Université de Liège, février 1972.

    LAVALOU, Armelle, « Charles Vandenhove, hôpital universitaire du Sart-Tilman à Liège » dans L’Architecture d’aujourd’hui, n° 256, avril 1988, p. 32-43.

     

  • Auteur et date de la notice Sébastien Charlier, 2021